Modèles d’applications

Vendre des formations dans une application iOS et Android : achats intégrés et commissions

Dans une application, une formation vendue et suivie sur le téléphone est un contenu numérique : Apple et Google exigent par principe l’achat intégré et prélèvent une commission, de 15 à 30 % selon les cas. Pas de contournement gratuit, mais des stratégies légales : vente sur votre site, offres aux entreprises, cours en direct facturés hors de l’app.

Vous vendez des formations en ligne et vous voulez les proposer dans une application iOS et Android ? Avant de chiffrer quoi que ce soit, une règle change l’équation : dans une application, un cours vendu et consommé sur le téléphone est un contenu numérique, soumis aux règles d’Apple et de Google et à leur commission, achat intégré ou non. C’est l’une des premières questions que je traite chez AppliWin lors d’une création d’application e-learning.

Voici les règles des deux stores, le vrai poids de leurs commissions, les alternatives légales, et la façon dont j’ai traité la question pour LSF-CFB, application de formation à la langue des signes française développée en Flutter, avec un back-office WordPress et une API REST sur mesure.

Les règles d’Apple et de Google pour vendre une formation dans une app

Une formation vidéo, un abonnement à des cours ou un certificat vendus dans l’application sont des contenus numériques : Apple (règle 3.1.1) et Google exigent par principe leur achat intégré, StoreKit et Google Play Billing. Dans l’Union européenne, d’autres moyens de paiement sont permis, mais la commission demeure. Les exceptions visent les cours individuels en direct, les ventes aux organisations et certains contenus achetés ailleurs.

Côté Apple, la règle 3.1.1 des App Review Guidelines est sans ambiguïté : débloquer un contenu ou une fonctionnalité numérique dans l’application passe par l’achat intégré, et les codes de licence, QR codes ou autres contournements sont interdits. Google applique la même logique avec Google Play Billing pour les biens et services numériques. Les biens physiques et les services consommés hors de l’application, comme une formation en présentiel, échappent à cette obligation. Dans l’Union européenne, des conditions spécifiques assouplissent le principe sans supprimer la commission : je les détaille plus bas.

Les exceptions prévues par Apple

  • Services multiplateformes (3.1.3(b)). L’utilisateur peut retrouver dans l’app un contenu acheté sur votre site, à condition que ce contenu soit aussi proposé en achat intégré dans l’application.
  • Services aux entreprises (3.1.3(c)). Si l’application est vendue uniquement à des organisations pour leurs salariés ou leurs élèves, ceux-ci accèdent à ce qui a été acheté ailleurs. Les ventes aux particuliers restent soumises à l’achat intégré.
  • Services de personne à personne en temps réel (3.1.3(d)). Un cours particulier en direct peut être payé autrement. Un cours collectif en direct doit passer par l’achat intégré.
  • Applications « lecteur » (3.1.3(a)). Presse, livres, musique, vidéo. Une plateforme de cours n’entre pas forcément dans cette catégorie : Apple tranche au cas par cas.

Et sur Google Play ?

Google applique le même principe avec Google Play Billing. Depuis le 30 juin 2026, aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l’Espace économique européen, il autorise aussi une facturation alternative ou un lien vers votre site, à côté de son propre système. Les 5 % de frais de facturation disparaissent alors, pas les frais de service. La règle de fond reste identique sur Android : si l’utilisateur achète un contenu numérique depuis l’application, le store prélève sa part.

Dernier point souvent ignoré : en dehors des cas qu’Apple autorise expressément (storefront américain, conditions propres à l’Union européenne), une application ne doit pas inciter à acheter ailleurs. Un bouton « Moins cher sur notre site » suffit alors à provoquer un refus. Dans l’Union européenne, le lien vers une offre externe est permis sous conditions, mais il est lui aussi soumis à commission.

Commissions des stores : ce que vous touchez vraiment

Dans l’Union européenne, Apple prélève 26 % sur un achat intégré (30 % ailleurs), et 15 % via le Small Business Program, réservé aux éditeurs sous un million de dollars de revenus annuels, ou pour les abonnements après un an. Google facture environ 15 % sur les abonnements et le premier million annuel, frais de facturation compris. La commission se calcule hors taxes.

CanalCommissionConditions
App Store (UE), taux standard26 %Achat intégré, depuis le 1er octobre 2026 (30 % hors Union européenne)
App Store (UE), taux réduit15 %Small Business Program (moins d’un million de dollars de revenus annuels) ou abonné depuis plus d’un an
App Store (UE), autre moyen de paiement20 % (10 % au taux réduit)Prestataire de paiement alternatif dans l’application, dont les frais s’ajoutent
App Store (UE), lien vers votre site15 % (10 % au taux réduit)Achat finalisé sur le web après un lien depuis l’application
Google Play (EEE)Environ 15 %10 % de frais de service sur les abonnements et le premier million de dollars annuel, plus 5 % de frais de facturation Google Play
Google Play, au-delà du millionEnviron 25 %Achats ponctuels : 20 % de frais de service pour les nouvelles installations, plus 5 % de frais de facturation
Votre site avec StripeEnviron 1,5 % + 0,25 €Par paiement avec une carte européenne standard, sans commission de store
Commissions sur les contenus numériques dans l’Union européenne, d’après les grilles publiques des stores (à vérifier au moment du lancement)

Concrètement, sur 100 € de ventes hors taxes, vous touchez 85 € avec une commission de 15 %, 74 € à 26 %, et un peu plus de 98 € sur votre site avec un paiement par carte, pour une vente qui ne vient pas d’un lien dans l’application. En contrepartie, le store gère l’encaissement, la TVA, les remboursements et la fraude, et l’achat en deux gestes avec Face ID ou l’empreinte digitale convertit souvent mieux qu’un formulaire de carte bancaire.

Ces grilles évoluent souvent, en particulier dans l’Union européenne sous l’effet du DMA : Apple et Google les ont toutes deux restructurées en 2026. Je vérifie la grille en vigueur au moment de chaque projet plutôt que de me fier à un chiffre mémorisé.

Les alternatives légales aux achats intégrés et à leur commission

Il n’existe pas de contournement gratuit, mais plusieurs stratégies légales : vendre sur votre site tout en proposant l’offre en achat intégré, réserver certaines offres aux entreprises, facturer les cours particuliers en direct hors de l’app, ajuster vos prix par canal ou, dans l’Union européenne, utiliser les options du DMA, qui restent soumises à commission.

  1. Vendre d’abord sur le web. Votre plateforme reste le canal principal, sans commission. L’application sert à suivre les cours ; pour Apple, l’offre doit aussi exister en achat intégré si l’utilisateur peut y accéder dans l’app.
  2. Ajuster les prix par canal. Rien n’interdit un prix plus élevé dans l’application pour absorber la commission, tant que l’app ne renvoie pas vers le site.
  3. Isoler l’offre entreprise. Les licences vendues à des organisations relèvent d’un contrat B2B ; si l’application leur est réservée, l’exception 3.1.3(c) s’applique.
  4. Séparer le coaching en direct. Un accompagnement individuel en visio, en temps réel, peut être payé hors achat intégré.
  5. Utiliser les options européennes. Dans l’Union européenne, Apple et Google autorisent, sous conditions, un paiement alternatif dans l’application ou un lien vers une offre externe. Chez Apple, la commission passe à 20 % ou 15 % (10 % au taux réduit) ; chez Google, seuls les 5 % de frais de facturation disparaissent. Ces options imposent des démarches et, chez Apple, un engagement de douze mois sur les moyens de paiement choisis.

Pour le web, une plateforme e-learning WordPress reliée à l’application par une API garde un seul catalogue et un seul compte utilisateur sur tous les supports. C’est le principe que j’applique : un seul back-office, deux plateformes mobiles, plus le web.

Le cas LSF-CFB : abonnements en achat intégré, catalogue dans WordPress

Pour LSF-CFB, application de formation à la langue des signes française, j’ai gardé WordPress comme source de vérité : catalogue, prix, abonnements et droits d’accès. Sur iOS, les abonnements passent par l’achat intégré d’Apple, vérifié côté serveur ; la location de cours à l’unité n’y est pas vendue.

L’application, développée en Flutter pour iOS, Android et le web de janvier à avril 2026, propose un catalogue de cours vidéo protégé contre les captures d’écran, des locations de 7, 30 ou 90 jours payées par Stripe sur Android et sur le web, des quiz, un forum, un espace entreprise et trois niveaux d’abonnement : Basic, Premium et Pro. Le tout sans plugin LMS : la logique de formation est codée sur mesure dans WordPress.

Sur iPhone, chaque achat validé par Apple est vérifié par une route de l’API WordPress, qui ouvre les droits sur le même compte que sur le site. Les locations à l’unité ne sont pas vendues dans l’application iOS : chaque durée et chaque palier de prix exigerait un produit distinct dans App Store Connect, soit une quinzaine de références supplémentaires à créer, traduire et maintenir. Choisir ce qu’on vend sur quel canal est une décision produit autant que technique.

Il l’a fait avec beaucoup de fonctionnalités et d’options d’apprentissage. J’ai reçu déjà beaucoup d’appel et de lead.

Client CFB Lyon, avis Codeur.com du 3 avril 2026

Le contexte, les choix techniques et la stack sont détaillés dans l’étude de cas LSF-CFB.

À retenir

Dans une application, une formation vendue et suivie sur le téléphone est soumise à la commission d’Apple et de Google : de 15 à 26 % pour un achat intégré dans l’Union européenne, encore 10 à 20 % avec les alternatives européennes.

Les alternatives existent (web, offre entreprise, coaching en direct, options européennes), mais elles se choisissent au cadrage, avec un catalogue unique dans le back-office.

Questions fréquentes

Apple prend-il une commission sur les formations vendues dans une application ?

Oui. Une formation, un abonnement à des cours ou un contenu pédagogique débloqué dans l’application sont des contenus numériques. Dans l’Union européenne, Apple prélève 26 % sur un achat intégré (30 % ailleurs), ou 15 % si vous êtes éligible au Small Business Program (moins d’un million de dollars de revenus annuels sur l’App Store) et pour les abonnements après un an. Un autre moyen de paiement ou un lien vers votre site restent possibles dans l’UE, avec une commission de 20 % ou 15 %. Les formations en présentiel, elles, sont des services consommés hors de l’application : elles peuvent être payées par carte, sans commission Apple.

Peut-on vendre une formation sur son site et y donner accès dans l’application ?

Oui, c’est le principe des services multiplateformes (règle 3.1.3(b) d’Apple) : un utilisateur peut retrouver dans l’application ce qu’il a acheté sur votre site. Condition importante : le contenu doit aussi être proposé en achat intégré dans l’application, et celle-ci ne doit pas inciter à acheter ailleurs, sauf sur le storefront américain ou via les options prévues dans l’Union européenne. Google applique des règles proches pour les contenus numériques.

Les cours particuliers en visio sont-ils soumis à l’achat intégré ?

Non, si le cours est individuel et en temps réel. Apple autorise d’autres moyens de paiement pour les services de personne à personne en direct, comme le tutorat ou le coaching sportif (règle 3.1.3(d)). En revanche, les cours en direct à plusieurs participants et les vidéos enregistrées doivent passer par l’achat intégré. La frontière tient donc à deux critères : le direct et le face-à-face individuel.

Comment réduire légalement la commission des stores ?

Adhérez au Small Business Program d’Apple si vous êtes éligible, privilégiez les abonnements, taxés à environ 15 % chez Google et à 15 % chez Apple après un an, vendez en priorité sur votre site sans y renvoyer depuis l’application, isolez votre offre entreprise et, dans l’Union européenne, étudiez les options de paiement alternatif. Chaque option a ses contraintes : je les compare avec vous pendant le cadrage, chiffres à l’appui.

Choisir votre modèle de vente avant de coder

Les achats intégrés ne sont pas un détail de développement : ils conditionnent votre marge, votre parcours d’achat et la validation de l’application. Pour comparer avec les autres modèles de revenus d’une application, voyez le guide dédié. Ce choix se fait au cadrage, pas la veille de la soumission. Pour un autre cas de règle Apple mal connue, lisez pourquoi une application WooCommerce en simple WebView risque un refus. Et pour chiffrer votre application de formation, rendez-vous sur la page demande de devis : le cadrage est gratuit.

Landry Caleyron

Écrit par

Développeur Flutter & WordPress freelance

Développeur freelance basé à Paris, je conçois des applications mobiles iOS et Android en Flutter pilotées depuis WordPress, et des sites WordPress codés sur mesure, sans page builder.

Parlons de votre projet

Deux façons de commencer : un devis rapide, avec une première fourchette affichée tout de suite, ou une description guidée de votre projet, étape par étape. Je vous réponds personnellement, avec mes questions et une estimation.

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